FILMER

Filmer pendant le confinement

Le contexte impose au plus grand nombre de rester à son domicile.
Il est malgré tout important de créer, et pourquoi pas, de générer du rêve en se faisant plaisir.

J’ai donc choisi d’inciter les élèves à réaliser un film, celui d’un voyage... tout en restant chez soi.

Je suis enseignant en collège REP et Lycée (enseignement optionnel) niveaux seconde, première et terminale. Je suis également IAN (Interlocuteur Académique Numérique). J’ai créé cette séquence après avoir déjà expérimenté la pratique vidéo en classe (ou plus exactement dans les couloirs et la cour du collège) avec mes élèves de quatrième (initiation) et de troisième (approfondissement). Jusque-là nous réalisions le montage en salle informatique en exploitant uniquement le logiciel moviemaker (Windows).

Liés à la séquence présentée, les documents ressources mis à disposition des élèves ont été également pensés pour être utilisés en Lycée.

« Je suis chez moi et pourtant je voyage ! », telle est l’incitation que je propose aux élèves qui doivent dans un premier temps rédiger un synopsis. Ensuite ou simultanément, ils élaborent un storyboard. La pratique filmique arrive par la suite. En fonction de leur(s) choix, leur intention, leurs possibilités techniques, spatiales ou temporelles, quand cela est justifié, par souci de différenciation, j’ajuste mes demandes, j’assouplis quelques consignes. La production finale peut alors devenir un roman-photo si les conditions ne sont pas réunies pour parvenir à la réalisation filmique. Quel que soit le contexte, il semble important que l’élève conserve une motivation intacte.

De nombreux élèves ont rendu leur storyboard la semaine dernière, cela prend du temps, ce n’est pas simple, il faut communiquer par la messagerie de l’ENT et déposer ce travail dans > devoir à rendre > puis à reprendre (souvent).

Les références artistiques que j’ai proposées alternent entre films de cinéma et vidéo issues de smartphone. Rupture ou continuité ? Mes documents n’apportent pas de réponses mais suggèrent que l’enregistrement des images animées évolue et que, paradoxalement, tous ces appareils (caméra, caméscope, smartphone) se côtoient encore. Les uns ne remplacent pas encore totalement les autres. Il en va de même pour leur réception, il n’y a pas totalement de substitution même si visionner un film sur un large écran de cinéma, sur une TV ou à travers l’écran d’un smartphone en position verticale implique une perception différente de l’œuvre. Qu’en est-il du temps et de l’espace ? S’il s’agit d’un espace de visionnage collectif au cinéma ou intimiste sur smartphone, le temps d’une séance de cinéma est défini alors que le smartphone propose une temporalité discontinue (car il offre la possibilité de mettre en pause et de reprendre plus tard). Mais qu’est-ce qui change vraiment ? Le smartphone est une sorte de « couteau Suisse », c’est le « tout en un » : on filme, on monte, on publie et on visionne avec le même appareil. Je pense aborder cela dans un forum avec mes élèves pour échanger nos points de vue.

Finalement, travailler en établissement scolaire avec le matériel adéquat n’est pas une expérience pédagogique et didactique similaire lorsqu’elle est vécue par l’élève à son domicile, car dans ces conditions particulières : « il fait au mieux avec les moyens du bord ». Il faut nécessairement ajuster au cas par cas, et si le temps des apprentissages semble parfois dilaté (en raison des temps de réponses par mails interposés), il s’avère toujours très individualisé.

Pierrick BRISSIER

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